En una exclusiva para trinitarios.net, el padre Aldo Berardi presenta al Capitulo General unas interesantes explicaciones sobre la fundación El Cairo-Sudán

 

 

P. Aldo BERARDI, osst

 

Bahreïn, le 24 juin 2007

 Chers Frères,

 

Ayant été sollicité par le P. Isidro, je me permets de vous adresser ces quelques réflexions concernant la fondation du Caire-Soudan. Ceci pourra vous aider à prendre les décisions nécessaires.

 

Les chapitres généraux précédents ont décrété  la fondation d’une communauté charismatique au service de la libération des esclaves, particulièrement au Soudan. Il s’agissait de retrouver l’esprit de l’origine à l’occasion des centenaires de l’Ordre. Nous avons répondu joyeusement à cette invitation.

 

Cette fondation a été difficile dès son origine. La situation politique et diplomatique internationale nous a demandé de réviser notre projet et d’en modifier les modalités. Nous avons cependant pris le temps d’apprendre l’arabe et de nous former en islamologie.

 

La révision du projet nous a portés à nous engager auprès des réfugiés soudanais en Egypte en collaboration avec le Vicariat d’Alexandrie et d’autres religieux. La défection de l’un d’entre nous puis l’attente de renfort en personnel comme en moyens financiers ont mis en veille l’enthousiasme des débuts. L’arrivée de deux nouveaux confrères a fait éclater l’unité de la communauté locale. Les conflits internes ont porté préjudice tant à notre apostolat qu’à notre communauté qui s’est divisée quant au projet et aux méthodes. Les conséquences immédiates de cette situation sont le départ des religieux du premier groupe et le retour à un temps de précarité. Actuellement, malgré l’aide en personnel de la Province américaine, il semble que l’instabilité soit la norme et que l’avenir soit compromis.

 

Je me suis posé des questions quant au pourquoi. Comment en sommes-nous arrivés là ?

 

1.- Mauvaise préparation du projet

- Le projet n’a pas été défini clairement dans ses aspects concrets : la bonne volonté ne suffit pas. On manque de professionnalisme.

 

- Les fonds destinés aux activités n’ont pas été définis immédiatement : les activités sociales et pastorales en ont été pénalisées. Il a fallu plusieurs années pour trouver un équilibre.

 

- Des divergences quant au projet sont apparues dès le début et n’ont pas été réglées immédiatement : on a donc repoussé les problèmes!

 

- Nous sommes partis avec enthousiasme mais peu préparés, intellectuellement et spirituellement.

 

- Il ne suffit pas d’apprendre une langue pour entrer dans la culture d’un peuple. Il faut plus de temps de réflexion et d’intégration… nous sommes toujours pressés !

2.- Mauvais leadership

- Incompréhension entre les religieux et la Curie due aux divergences d’opinion sur le projet.

 

- Le peu de communication a favorisé l’isolement et le doute.

 

- Les visites des membres de la Curie n’ont pas permis d’avancer quant à l’approfondissement du projet. Les temps d’évaluation ont fait défaut.

 

- Changement constant d’idées : instabilité quant aux choix à faire, on reste dans « l’à peu prêt »

 

- Rapport difficile avec l’Econome Général.

 

- Conflit avec le SIT Général : peu de confiance réciproque, divergences, structures trop lourdes pour être efficace.

 

- Politique du « wait and see »!

3.- Mauvaise gestion

- Communication : malgré l’envoi régulier de rapports, le reste de l’Ordre semble ignorer complètement notre travail. Les visites de différents religieux n’ont pas amélioré cette situation, comme s’il y avait un préjugé négatif antérieur.

 

- Mauvais choix qui ont porté à la précarité actuelle.

 

- Aucune intervention ferme, rappelant aux intéressés les lignes générales définies par les Chapitres!

 

- Mauvaise gestion des conflits.

 

- On a sacrifié des religieux pour « sauver à tout prix» le projet… le projet s’en est trouvé affaibli !

 4.- Du côté des religieux.

- je reconnais mes fautes de gestion de la communauté : je ne suis laissé prendre par l’émotivité et l’énervement.

 

- mauvaise volonté des religieux et fermeture. Communication difficile.

 

- divergences quant à la mission et aux actions à mener.

 

- projets personnels/ projets communautaires?

 

- Quel esprit anime les religieux volontaires ? (sacrifice de soi, fuite de problèmes personnels ou communautaires, esprit de service, désir de réalisation, tourisme…?)

 

- Comme il fallait trouver du personnel, les motivations n’ont pas été approfondies.

5.- Problèmes externes

- difficulté de l’éloignement

 

- difficulté de l’apprentissage de la langue et de la culture.

 

- pression locale : montée de l’intégrisme musulman.

 

- problèmes sociaux et politiques

 

- surveillance policière limitant notre liberté d’action

 

- difficulté d’obtention des permis

6.- Des questions pour nous Trinitaires…

 

Après toutes ces années dans l’Ordre, je me demande pourquoi nous autres Trinitaires, avons toujours du mal à coordonner nos actions. Il semble que chacun agisse selon ses plans sans tenir compte des autres. Alors que cette action est bonne et efficace, bien pensée et organisée,  le manque de coordination entre nous appauvrit cette même action!

 

Dans l’Ordre, il existe des religieux engagés efficacement dans des œuvres en faveur des pauvres et des persécutés, chacun selon une orientation spécifique (ONG, Instituts sociaux ou politiques, lobbies…), pourquoi est-il si difficile de travailler ensemble ou de mettre en commun notre expérience ? L’Ordre s’en trouve appauvrit.

 

Concernant le SIT Général, pourquoi ne prend-il pas son essor comme un organisme influent ? Il semble se cantonner au minimum.

 

Voici des pistes de réflexion. J’ai tenté d’être objectif. Cela reste bien sûr une vision personnelle. Je vous souhaite un bon travail pour donner à l’Ordre espérance et lignes concrètes d’action.

 

Que Dieu vous bénisse.

 

P. Aldo BERARDI, osst ;

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